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Romans

unefoisdansmavieUne petite troupe de théâtre avec des personnages un peu étrange comme un acteur qui se promène avec un mannequin en chiffon, un gardien qui fait souvent le clown mais surtout trois amies d’âges  différents, la gardienne  du théâtre la cinquantaine qui fait son possible pour sauver celui-ci car le budget annuel risque de ne pas être redistribué faute de rentabilité, une costumière la trentaine qui vit seule avec son fils suite à un divorce et la plus jeune qui cherche l’amour de sa vie se rapprochent par le hasard de la vie. Elles vont s’entraider chacune leur tour au moment voulu. Drôle et plein de sensibilité.

Un vrai western comme on en voit peu en ce moment ! Un ancien chef de gang reprend les armes lorsque ses filles, la seule raison de son retrait du banditisme, sont enlevées par des proxénètes et forcées de se prostituer dans un bordel. Commence alors une course contre la montre pour les retrouver.

Tout y est : le père ancien bandit rangé, son ancien partenaire tueur à gages, l’Indien as de l’arc, l’affranchi de la famille sympathique, les fils ranchers et le jeune homme refusant d’utiliser les armes.

On est au Texas et au Nouveau-Mexique, le bordel est installé dans un ancien temple. Cliché pensez-vous ? Et bien non, justement. Si sur le papier tout semble réuni pour nous servir un western spaghetti à l’ancienne, ce n’est pas le cas ! C’est sinistre, brutal et sans concessions ! Pas de fioritures, tout est pensé pour rendre le récit le plus efficace possible et procurer une lecture certes sombre mais rudement efficace !

My absolute darlingPhénomène éditorial aux Etats-Unis, succès salué par les plus grands, My absolute darling est la pépite américaine de l’année ! Il est d’ailleurs le lauréat du Prix America 2018 ! Pourtant le sujet n’est pas simple puisqu’on suit la vie de Turtle, une adolescente du fin fond de la Californie abusée par un père psychologiquement instable et survivaliste. Pourtant le point de vue adopté n’est pas tant de démontrer l’horreur de la violence paternelle mais plutôt la psyché de cette adolescente. On est dans l’esprit de Turtle et on voit comment celui-ci essaye de vivre cette situation, comment elle réagit lorsqu’elle rencontre des garçons « normaux » de son âge, et ainsi de suite. C’est brutalement efficace mais la langue est brillante (quoique qu’il puisse y avoir quelques longueurs). Indéniablement une des découvertes littéraires de l’année 2018.

 

 

fillequibruleOn suit l’histoire d’amitié de deux jeunes filles amies à la vie à la mort et de la lente déliquescence du lien entre elles. D’inséparables elles deviendront deux inconnues lorsque l’une d’elle s’éloignera du jour au lendemain. Il s’agit ici d’un joli roman sur l’amitié fusionnelle et le processus de deuil de cette amitié, d’autant que le point de vue adopté est celui d’une des deux jeunes filles. On frise avec le roman noir (ambiance sombre, forêt sinistre, asile désaffecté, gens louches) mais sans tomber dans le thriller. Non au contraire on a simplement le récit d’une amitié et de sa fin. C’est entrainant, agréable, sans fioritures et surtout ce n’est pas niais malgré le sujet et la narratrice adolescente.

 

filles de la merUn terrible coup de cœur que ce roman ! Nous suivons la vie de deux sœurs coréennes sous l’occupation japonaise du pays en 1943. Elles font parties des haenyeo, ces femmes qui vivent de la pêche en apnée sur l’île de Jeju. Un jour de pêche la plus petite reste sur la plage pendant que sa mère et Hana sa sœur travaillent. Seule, Hana voit le soldat japonais qui approche de sa sœur. Elle se démène pour qu’il ne voit pas la petite et se fait enlevée à sa place. Hana est déportée en Mandchourie et va devenir une femme de réconfort des soldats japonais. Un euphémisme pour cacher l’horrible vérité : l’esclavage sexuel et la maltraitance. Des milliers de femmes, y compris des Japonaises, sont exploitées comme du bétail pour maintenir le moral des troupes en territoires occupés.

 

Il s’agit d’un récit à la fois très dur et aussi tout en retenue sur une réalité encore peu connue des Occidentaux mais aussi des Coréens eux-mêmes, puisque l’honneur familial a souvent empêché de mettre des mots sur le destin de ses femmes. Et le Japon n’a pas encore reconnu ce crime. Le récit est à deux voix : Hana en 1943 que l’on suit dans sa souffrance et sa déportation et de l’autre Emi, en 2011, devenue une vielle femme qui se souvient douloureusement de sa sœur alors qu’elle s’approche de la fin de sa vie. D’un côté les violences et de l’autre le long chemin à travers l’histoire et les violences qui ont secoué le pays après le départ des Japonais. Le combat aussi pour la mémoire. Une lecture toute en justesse et absolument poignante.