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Musique

WinterreiseEn 1827, le compositeur autrichien découvre le recueil de poèmes de l’écrivain romantique Wilhelm Müller, Winterreise que l’on peut traduire par Voyage d’hiver en français. Cette découverte le bouleversa au point qu’il écrivit à la suite un cycle de 24 lieder pour piano et voix. Cette œuvre est la plus triste de Schubert qui lorsqu’il la composa se trouvait à un moment de sa vie difficile : peu connu, malade, solitaire et vivant dans l’ombre de Beethoven.

116 années plus tard, en 1943, le jeune baryton allemand de 18 ans, Dietrich Fischer-Dieskau, chante pour la première fois ce Voyage d’hiver en public. Il fut l’un des plus grands chanteurs lyriques du siècle dernier. De cette rencontre puissante entre ces deux artistes, reste, notamment, ce magnifique enregistrement de 1947 avec Jörg Demus au piano. L’émotion demeure intacte à l’écoute de l’errance de ce fantôme. Franz Schubert, à partir de la trahison amoureuse littéraire de Müller,  a composé une musique de désillusion et de désespoir que Dietrich Fischer-Dieskau a puissamment su interpréter. Sublime et poignantt !

parisHautboïste allemand et concertiste reconnu, Albrecht Mayer signe avec Bonjour Paris un merveilleux album. Véritable voyage dans la musique française du 19ème, ce disque invoque l’Impressionnisme en offrant à son auditeur de magnifiques transcriptions des œuvres pour piano de Debussy (La Fille aux cheveux de lin et le sublime Clair de lune). Reprenant coup sur coup la Pavane op.50 de Fauré et celle, sublime, pour Une infante défunte de Ravel, Albrecht Mayer rappelle la filiation de ces deux chefs d’œuvres : Maurice Ravel était l’élève de Gabriel Fauré au Conservatoire de Paris lorsqu’il composa cette pièce dédiée à la princesse de Polignac.

karenelsondoublerosesC’est sept ans après la sortie d’un premier album déjà salué par la critique que « Double roses » a vu le jour. Et il s’agit d’un des albums les plus poétiques de cette année : Karen Elson, qui mène de front sa carrière de mannequin et de musicienne, propose ici un opus parfaitement maîtrisé et produit. Les dix chansons se déploient dans une atmosphère à la fois nostalgique, éthérée et mélancolique, mêlant folk et pop. Le morceau « Double roses » s’inspire d’un poème éponyme de Sam Shepard et constitue le socle de cet album élégant et délicat. Ce dernier marque l’émancipation de la chanteuse : si « The Ghost who walks » a été produit par Jack White, son ex-époux, les rennes de « Double roses » ont été tirés par Karen Elson elle-même. Les sept ans d’écart entre les deux disques montrent donc une indéniable évolution, un style beaucoup plus personnel et libre.

Figure à suivre dans le paysage de la musique indépendante !

timbertimbreDerrière cet étrange nom de groupe se cache le Canadien Taylor Kirk, qui écrit, compose et interprète des chansons folk-blues poétiques et épurées. La voix sensuelle du chanteur rappelle celle de Leonard Cohen et enveloppe l’instrumentation pour créer une ambiance réellement singulière. Le son Timber Timbre (littéralement « le timbre du bois ») s’inspire du blues et du cinéma hollywoodien des années 70 : l’identité très forte du groupe emmène l’auditeur en voyage via une expérience musicale unique.

Cet album éponyme est le troisième du groupe (leur sixième album « Sincerely, Future Pollution » est sorti en 2017) et témoigne déjà d’une grande maturité. Le disque s’ouvre sur le nébuleux « Demon Host » ou la douceur de la guitare sèche côtoie des mots mélancoliques teintés de mysticisme. Le début du superbe « We’ll find out » rappelle les crooners des années 40 tandis que le mystérieux « Trouble comes knocking » renoue avec un blues rugueux et sombre.

Amoureux de la folk, du blues et de la musique ayant une âme, écoutez Timber Timbre sans plus attendre !

coverOriginaire de Californie, Grandaddy est un groupe de pop rock indie qui a commencé à se produire sur la scène musicale en 1992. En 2006, après 6 albums très remarqués, le groupe se sépare. Il faudra attendre 11 ans pour voir le quatuor se reformé à l’occasion de la sortie du magnifique « Last Place ». Le disque s’ouvre sur l’énergique et puissant « Way We Won’t », une chanson aux mélodies synthétiques et guitares électriques accrocheuses. Le sublime et mélancolique « The boat is in the barn. » laisse l’auditeur rêveur et bouleversé par des paroles poétiques et subtiles.  Le groupe atteint, cependant, des sommets avec « A lost machine », une ballade contemplative et aérienne faite de piano, de synthés et de guitares distordues en crescendo.