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Everyday robots / Damon Albarn

damon albarnLeader du groupe Blur, créateur de Gorillaz et d’opéras, producteur d’artistes maliens notamment Amadou et Mariam, Damon Albarn est un explorateur musical, hyperactif et infatigable. Face à un tel  éclectisme, lorsque son premier album solo Everyday robots paru en 2014, le public s’interrogea sur la direction artistique qu’avait pris l’artiste. Et c’est un disque à l’image de sa pochette qui sortit dans les bacs : dépouillé, humble et introspectif.

 

 

La chanson d’ouverture qui donne son nom à l’album donne le ton : une boucle électro simple et élégante épousée par des cordes orientales. « We are everyday robots on our phones » chante Damon Albarn dans une atmosphère doucement mélancolique. Et le reste du disque est à l’avenant. Un chœur discret apparait dès le deuxième morceau, Hostiles, et plonge l’auditeur dans un spleen de plus en plus rêveur et tendre. La quatrième piste, Mr Tembo, surprend en interrompant les errances poétiques et en accélérant la rythmique parant ainsi l’album d’accents plus pop. Mais le sursaut est de courte durée et les morceaux qui suivent, notamment le magnifique The selfish giant, reprennent les méandres nostalgiques et apaisés du musicien jusqu’au final, dernière pirouette stylistique, l’éclatant et optimiste Heavy seas of love.

 

Damon Albarn est un grand admirateur de Brian Eno, l’un des créateurs de l’ambient music et si Everyday robots n’appartient pas à ce genre musical, il a cependant la même capacité d’envelopper et d’accompagner celui qui l’écoute. C’est un album d’une élégance rare qui témoigne de la créativité intarissable de son auteur et qui révèle, comme jamais, sa sensibilité.