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Musique

restAprès avoir travaillé avec Beck, Air et Connan Mockasin, Charlotte Gainsbourg a trouvé en la personne de Sebastian le producteur electro, le collaborateur idéal pour son dernier opus. Nourrie de musiques de film et notamment celles horrifiques de John Carpenter, la chanteuse livre un très bel album avec Rest et, peut-être même, l’un de ses meilleurs. Armé de textes personnels qui évoquent la disparition, le deuil et certaines blessures de l’artiste, le disque déploie tout un éventail de chansons sur des boucles synthétiques et parvient à créer des univers très influencés par les années 70. Il suffit d’écouter l’addictif et dansant Deadly Valentine ou bien encore le touchant Rest pour s’en convaincre : Charlotte Gainsbourg continue de tracer sa route musicale. Et elle est magnifique !   

 

utopiaEn réponse à son opus sur le deuil amoureux, le triste Vulnicura, la chanteuse islandaise revient avec un disque sur l’amour et ses prémisses. Après les cordes sur Homogenic et Vespertine, la voix sur Medulla et les cuivres sur Volta, ce sont les flûtes qui sont ici mises en valeur, notamment sur les ballades enchanteresses Utopia et Paradisia .

Ainsi Utopia commence avec le lumineux Arisen my senses : chants d’oiseaux exotiques, sons électroniques produits par Arca et harpe se répondent dans un feu d’artifice sonore et lumineux. Blissing Me rappelle les plus beaux moments de Vespertine tandis que l’émouvant The gate se construit sur un son minimaliste, des silences et des respirations. Deux des plus belles chansons de Bjork sont également au programme : l’incroyable Losss, une complainte d’électro-médiéval composée d’une mélodie mélancolique et de beats industriels fracassants ainsi que Body Memory, une errance de sept minutes qui plonge l’auditeur dans un monde incroyable ou rugissent félins enragés et chœurs célestes.

Si l’album est certes l’opposé de son prédécesseur, Utopia possède malgré tout des pistes sombres. Björk semble toujours croire en la possibilité humaine de se renouveler mais des pointes d’ironie et de désenchantement percent sous la lumière de ce très bel album. A écouter !

parisHautboïste allemand et concertiste reconnu, Albrecht Mayer signe avec Bonjour Paris un merveilleux album. Véritable voyage dans la musique française du 19ème, ce disque invoque l’Impressionnisme en offrant à son auditeur de magnifiques transcriptions des œuvres pour piano de Debussy (La Fille aux cheveux de lin et le sublime Clair de lune). Reprenant coup sur coup la Pavane op.50 de Fauré et celle, sublime, pour Une infante défunte de Ravel, Albrecht Mayer rappelle la filiation de ces deux chefs d’œuvres : Maurice Ravel était l’élève de Gabriel Fauré au Conservatoire de Paris lorsqu’il composa cette pièce dédiée à la princesse de Polignac.

WinterreiseEn 1827, le compositeur autrichien découvrit le recueil de poèmes de l’écrivain romantique Wilhelm Müller, Winterreise que l’on peut traduire par Voyage d’hiver en français. Cette découverte le bouleversa au point qu’il écrivit à la suite un cycle de 24 lieder pour piano et voix. Cette œuvre est la plus triste de Schubert qui, lorsqu’il la composa, se trouvait à un moment difficile de sa vie : peu connu, malade, solitaire et vivant dans l’ombre de Beethoven.

116 années plus tard, en 1943, le jeune baryton allemand de 18 ans, Dietrich Fischer-Dieskau, chanta pour la première fois ce Voyage d’hiver en public. Il fut l’un des plus grands chanteurs lyriques du siècle dernier. De cette rencontre puissante entre ces deux artistes, reste, notamment, ce magnifique enregistrement de 1947 avec Jörg Demus au piano. L’émotion demeure intacte à l’écoute de l’errance de ce fantôme. Franz Schubert, à partir de la trahison amoureuse littéraire de Müller,  a composé une musique de désillusion et de désespoir que Dietrich Fischer-Dieskau a puissamment su interpréter. Sublime et poignant !

timbertimbreDerrière cet étrange nom de groupe se cache le Canadien Taylor Kirk, qui écrit, compose et interprète des chansons folk-blues poétiques et épurées. La voix sensuelle du chanteur rappelle celle de Leonard Cohen et enveloppe l’instrumentation pour créer une ambiance réellement singulière. Le son Timber Timbre (littéralement « le timbre du bois ») s’inspire du blues et du cinéma hollywoodien des années 70 : l’identité très forte du groupe emmène l’auditeur en voyage via une expérience musicale unique.