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Romans

le Dernier fleuveLe Dernier Fleuve, titre du dernier roman d'Hélène Frappat, s'ouvre sur une citation empruntée à David Thoreau «Tout enfant recommence le monde», suivie de cet incipit : «Impossible d'aller plus loin». L'enfance serait-elle une clef pour saisir l'aura de la vie ? Durant cette pérégrination organique qui emprunte au voyage initiatique, deux jeunes frères, Mo et Jo,  iront à la rencontre de personnages remarquables tels la petite Vive, la sorcière, la Belle Dame...où les adultes représentés à hauteur d'enfants, sont souvent  teintés de mythologie, de conte.

Sous une plume pictorialiste et un regard cinématographique, Hélène Frappat compose des mots pour chacun et interroge le pouvoir du langage à travers le chant, la poésie. Si les enfants ont oublié la source qui a tracée leurs pas, ils sont habités par des mots, des souvenirs enfouis. Plantes et animaux, omniprésents au court de ce récit, permettent aux deux frères de grandir dans cet environnement animiste jalonné de rituels.

Points d'ancrages dans cet univers où l'on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau, les petites constructions se font tantôt refuge, tantôt école ou phare, abris ponctuant ce voyage immobile.

Le fleuve  «infinis gouttelettes contenant tout le monde» est un personnage à part entière. A la fois «espace transparent, matière vibrante» vaseux, tumultueux...il est celui qui donne et reprend la vie, foyer d'un monde silencieux obéissant à ses propres lois. Elément qui se métamorphose tout comme les êtres qu'ils reflètent, le Dernier Fleuve est un roman où s’immerger un peu, loin du fracas quotidien.

 

LavraieviedesherosLes héros cités dans ce livre  existaient bien avant leur apparition dans les livres d’Alexandre Dumas ou de Victor Hugo ou les films que nous connaissons : Tarzan, D’Artagnan, James Bond, Dracula,  Maigret, Jean Valjean, Monte-Cristo, Emma Bovary, Robinson Crusoé, Arsène Lupin, Tintin, Sherlock Holmes etc… La vie commune aux personnages ou les Noms de ces héros remontent parfois très loin (XVème siècle pour l’un d’entre eux) et il est très intéressant et drôle aussi d’en découvrir l’origine. J’ai adoré ce livre.

 

Mage de bataille couvDans un monde médiéval qui rappelle l’Europe par bien des aspects, Falco Danté est un gringalet qui plus est fils du plus grand traitre de l’histoire du pays. Bête noire de son village, torturé par l’incompréhension du geste de son père, passé de héros à ennemi public et un manque de perspective…Falco dépense son énergie à mettre en avant son ami forgeron face aux fils des nobles locaux. Tout change quand les Possédés attaquent le village et quand Falco se découvre le pouvoir d’un mage de bataille, comme son père.

 

Entre apprentissage, questionnement intérieur et bataille épique, la vie de Falco change radicalement et il est très agréable de suivre ses péripéties. Pour une fois on lit une histoire et pas un monde. Flannery a évité le piège fréquent en fantasy de trop vouloir parler du monde que l’on crée plutôt que de l’histoire qui s’y déroule. C’est punchy et bien rythmé. On va à l’essentiel sans perdre en matière ce qui est très appréciable ! Un peu d’air frais dans la production fantasy moderne !

 

Né daucune femmeNé d'aucune femme est un roman choral qui dévoile le journal intime de Rose, l'ainée d'une fratrie de quatre filles au sein d'une famille de paysans pauvres, quelque part nichée dans le Sud-Ouest de la France, au XIXème siècle. Son journal, qui a sa propre voix au chapitre, va être transmis par les souvenirs du père Gabriel, quarante-quatre ans plus tard. Gabriel n'est pas le seul témoin, acteur, à confier ses souvenirs à propos de cette jeune fille et l'on entendra la voix d'autres personnages tout aussi profondément travaillés par l'auteur : l'homme, l'enfant, Onésime, Edmond, Elle. Mais aussi le docteur, l'infirmière...

            Ce roman, qui emprunte beaucoup à la tragédie et au conte, explore la condition humaine dans tout ce qu'elle contient d'espoir, d'horreur, sous une magnifique plume clair-obscur. Une lecture captivante et finement rebondie où l'auteur laisse de la place au lecteur pour s'interroger sur la question de la responsabilité, de la liberté. L'enfantement, fil important de ce roman, peut se lire sous différents prismes, notamment aux regards de ce que les mots ont le pouvoir de transmettre.

 

couleursdelincendieAu revoir là-haut se termine avec le suicide d'Edouard Péricourt, dans ce deuxième tome, nous nous retrouvons 7 ans plus tard (1927) à l'enterrement de son père Marcel Péricourt,  quand au moment des préparatifs dans la cour, Madeleine Péricourt voit son fils Paul tomber d’une fenêtre et malheureusement suite à cet accident Paul devient paraplégique. Pour Madeleine commence le début des ennuis, comme si le handicap de son fils n’était pas suffisamment difficile à surmonter elle sera trahie par Gustave Joubert à qui elle faisait confiance pour la gérance de ses affaires boursières et c’est la banqueroute puis la déchéance sociale. Elle découvrira aussi pourquoi Paul a si peur de son précepteur… Mais Madeleine a du caractère et n’est pas si stupide que ça, elle va préparer une vengeance magistrale. 

Fabuleux. Vivement le troisième tome…