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Romans

lours et le rossignolAu cœur de l’hiver, cette merveilleuse histoire vous plongera avec intensité aux côtés de Vassia, devotchka très habitée par les contes de Dounia, la vieille servante. Dernière-née de la 1ère union de son père, seigneur respecté, Vassia, en symbiose avec la nature dès son plus jeune âge, se révèle douée du don de double vue et communique ainsi avec les esprits de la forêt et ceux de son foyer.

Mais lorsque son père décide de se remarier,  il revient de Moscou avec une fervente catholique, bien décidée à balayer les anciennes croyances de son village. Aidée dans son entreprise par le fascinant prêtre Konstantin, la marâtre est déterminée à éradiquer les démons de leur foyer. Alors l’hiver vient, plus rude que jamais… Vassia parviendra-t-elle à protéger les siens des terribles menaces qui pèsent sur eux ?

1er tome d’une trilogie fascinante dont le 2ème volume La Fille de la Tour est d’ores et déjà disponible à la médiathèque.

Un petit conseil : n’hésitez pas à emprunter les 2 livres en même temps car lorsque vous aurez commencé cette lecture, vous ne pourrez plus cesser de tourner les pages.

 

pierrePierre Soulage a désormais une salle consacrée à ses œuvres au musée du Louvre. C’est à cet artiste de la lumière que se consacre Christian Bobin dans son dernier ouvrage.

Poète plus qu’écrivain, cet auteur livre à travers ces somptueuses pages une confession d’amitié à l’adresse du peintre mais aussi un espace où l’on peut percevoir son propre reflet.

Durant ce voyage en train qui le conduira du Creusot jusqu’à Sète un soir de Noël, Christian Bobin nous offre parfois en évoquant son compagnon de pensées Pascal ou encore Kafka, quelques précieuses réflexions sur notre rapport au monde.

Chaque phrase est ici aussi finement ciselée qu’un flocon de neige.

Empreint de spiritualité, cet ouvrage est un très beau cadeau à s’offrir ou à offrir, pour celles et ceux curieux  de découvrir les poètes et artistes, Christian Bobin et Pierre Soulages.


 

 

corbeauVoilà un premier très abouti et très efficace ! Dès les premières lignes le ton est donné : c’est un monde sans pitié et des héros abîmés qui nous attendent. Et en fantasy ça nous change de la compagnie brillante et chevaleresque qui sauve le monde !

Car Ryhalt Galharrow et ses hommes sont tout sauf chevaleresques : mercenaires chasseurs de primes, tueurs aguerris. Ce sont les seuls qui se frottent à la Désolation, un lieu ravagé (jusqu’au ciel d’une couleur glauque) lorsque la Machine a été utilisée plusieurs années auparavant. Car de l’autre côté de la Désolation, il y a les Rois des Profondeurs, des êtres immortels avec des armées comparables à des zombies. C’est vous dire si ce sont des durs à cuire !

Pourtant ils ont tous des failles, Galharrow le premier. L’une d’elles est la mystérieuse femme qu’il doit sauver dans un fort de la Désolation. Une femme qui le replonge dans son passé. Une femme surtout qui semble attirer tous les dangers : poursuivie par les sbires des Rois des Profondeurs jusqu’aux pontes de la capitale. Galharrow va devoir la protéger, tout en affrontant les hordes ennemies et les complots à l’intérieur de la capitale. Trop pour cet homme qui en a trop vu ou juste ce qu’il fallait pour prendre son destin en main ? Je vous laisse juge.

Ce premier volume rappelle à coup de personnages cassés par la guerre et d’humour grinçant et désabusé les mercenaires de la Compagnie noire de Glenn Cook, un classique du genre dark fantasy. Pourtant on retrouve aussi de la machinerie et des armes à poudres dans cette série qui devient un peu inclassable mais tellement satisfaisante ! Bien sûr, quelques défauts, propres aux premiers romans, sont à souligner mais globalement ils sont très minimes comparés aux promesses de cette série ! Alors allez-y d’autant que le volume 2 est déjà présent à la médiathèque.

 

Opus 77Musical, sensible et sensuel, voici quelques mots pour donner à entendre ce sublime roman d’Alexis Ragougneau. Cette histoire s’ouvre sur une cérémonie religieuse, celle de l’enterrement de Claessens, un chef d’orchestre de talent, sévère. Dans cette église,  l’Opus 77 de Chostakovitch interprété par sa fille, la pianiste internationale Ariane Claessens fait écho à l’histoire familiale.

En effet, ce concerto pour violon du grand compositeur russe sera le point d’orgue de toute sa famille, notamment celui de son frère, David. Violoniste virtuose à l’esprit torturé, celui-ci bouleversera les exigences du père à l’issue d’une décision importante. A ce propos, c’est avec habilité que l’auteur ménage le suspense lié au devenir des membres de cette famille.

Parmi les personnages remarquables, le professeur arménien Kirkorian joue sa partition à merveille. Evoquant la relation intime à la musique sous l’empire soviétique, ce petit homme offre au lecteur peut-être les plus beaux passages sur le rapport entre le musicien et son instrument, l’intériorité de l’individu exprimé à travers cet art, la question de la transmission.

Cadencé et tout en nuances, ce livre  touchera au cœur chaque lecteur, quel que soit sa relation à la musique. Faisant la part belle au silence, Alexis Ragougneau aurait sans doute mérité une oreille plus attentive à l’occasion de cette rentrée littéraire.

 

 

chevauchebrumeBienvenue dans le Bleu-Royaume, un état féodal qui n’est pas sans rappeler notre Renaissance. On y suit la Neuvième Légion du Roy, une troupe aguerrie de retour de campagne. Alors qu’ils n’aspirent qu’à la paix, ces soldats rappelant fortement les tercios espagnols ou les lansquenets allemands vont être assignés à la défense d’une bourgade frontalière. Mais pas n’importe quelle frontière, la frontière nord où existe depuis toujours la Brume d’Encre, un phénomène magique d’où émergent parfois des créatures monstrueuses. Le problème vient que la Brume a grossi et de plus en plus de créatures en sortent pour s’en prendre à Crevet. La Neuvième doit donc contenir la menace mais en a-t-elle réellement les moyens ?

Pour un premier roman, l’auteur frappe fort. Il s’inscrit totalement dans cette nouvelle vague d’auteurs français qui inscrivent leurs récits dans un univers assez réaliste, ce qu’on qualifie de fantasy historicisante. On a l’impression de suivre le journal de guerre d’une troupe de soldats de la Renaissance jusqu’à ce qu’ils se retrouvent confrontés à l’irréel et l’impensable. Ce choix donne un récit particulièrement vif et dynamique, en particulier lors des scènes de guerres, car au plus près des personnages. Ces derniers sont d’ailleurs une autre force du récit car ils ont beaucoup de personnalité et ont tous une réelle place dans le groupe. L’auteur ne tombe pas dans le piège habituel de la compagnie héroïque qui va sauver le monde avec ses archétypes trop prévisibles. Là se sont des soldats qui nous rappellent les meilleurs films de guerre : des parcours différents, du caractère et de la gouaille mais unis dans un même but et une belle camaraderie sous-jacente. C’est d’autant plus frappant qu’il y a de la poudre dans leur équipement et que la magie est très limitée. Les mages n’ont donc pas l’apanage de la pyrotechnie dans ce roman et chaque soldat peut changer la donne.

Enfin le gros défaut potentiel de ce texte mais malheureusement indissociable du parti-pris de l’auteur : le vocabulaire ! On a un peu l’impression qu’il a écrit en ayant un dictionnaire de vieux français sous le coude et a essayé de caser un maximum de mots anciens dans son texte. Cela sert l’ambiance et l’immersion mais cela peut aussi très vite lasser le lecteur en fonction de ses gouts.

Chevauche-Brumes est donc une très bonne lecture, agréable et dynamique, qui maintient en haleine et que je vous recommande chaudement, y compris comme porte d’entrée dans les lectures de l’imaginaire car très proche du roman historique dans sa construction et sa narration.