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Romans policiers

celle qui pleurait sous leauUne jeune fille semble s’être donné la mort, son corps inerte flotte sur l’eau d’un magnifique bassin aquatique parisien. S’agit-il vraiment d’un suicide ? Dans cette nouvelle affaire du commandant Tomar Khan, Niko Tackian nous offre un très bon polar à double enquête. En effet, tandis que la seconde du commandant s’efforce de lever le voile sur cette étrange affaire sur fond de manipulation mentale, Tomar se bat pour combler la défaillance de sa mémoire face à la nouvelle substitut du procureur : Ovidie, une femme passionnée et redoutable, chargée de résoudre le meurtre d’un policier. Dans ce dossier,  Tomar est sérieusement inquiété…

Les points forts de cet implacable thriller psychologique ? L’immersion apportée par les lieux où se déroule l’action. Du nouveau bastion du 36 situé aux Batignolles à la cité de Champigny-sur-Marne, on peut totalement imaginer les personnages évoluer dans ce décors.

Aussi, la question des femmes soumises à l’emprise, à la violence des hommes est déployée avec beaucoup de réalisme, sans plonger dans un pathos larmoyant.

Un livre à parcourir en un seul souffle, un livre pour vous donner envie de découvrir les autres histoires de l’auteur d’Avalanches Hôtel.

 

 

evelynVoici un polar tout à fait original. Dans une ambiance victorienne, au cœur d’un huis clos façon Agatha Christie, Stuart Turton -l’ingénieux auteur de ce roman policier- vous mène par le bout du nez. Présent à Blackheath House à l’occasion du Bal Masqué, Aiden Bishop, sous le masque de différents personnages, devra résoudre le meurtre d’Evelyn Hardcastle. Tant qu’il n’aura trouvé le coupable, il sera condamné à répéter la même journée. Attention toutefois à ne pas se faire attraper par le Valet de Pied ! Aiguillé par le Médecin de Peste (le Maître du jeu) et bien d’autres personnages, vous ne pourrez vous détacher de cette intrigue délicieusement tortueuse qui joue avec les points de vue et les temporalités. Un roman à la plume vive et précise, une intrigue très bien ficelée. Bonne enquête !

 

 

pardeuxfoisVoilà un intéressant polar historique qui nous change un peu. Nous sommes à Rouen en 569. Oui vous l’aurez compris nous plongeons dans une enquête ayant lieu sous les rois mérovingiens, les successeurs du célèbre Clovis. Attention les noms des personnages sont d’époques et donc parfois un peu difficile mais ne vous laissez pas abattre.

Galswinthe, la reine de Chilpéric, petit-fils de Clovis, est assassinée. Quelques années plus tard, toujours furieuse de l’assassinat de sa sœur, la reine Brunehilde d’Austrasie ordonne à un jeune médecin gallo-romain, Arsenius Pontius, de mener une enquête. Celui-ci se rend donc à Rouen et croise Chilpéric, ses fils, et surtout Frédégonde, la nouvelle femme de Chilpéric, autrefois simple servante et régnant d’une main de fer sur la cour de son époux. Très vite Arsenius se retrouve non seulement confronté aux secrets derrière le meurtre de l’ancienne reine mais surtout se retrouve-t-il pris au milieu des luttes de pouvoir, et des guerres, entre les trois petits-fils de Clovis qui se partagent le Royaume des Francs. Saura-t-il trouvé le coupable sans se faire emporter par la course de l’Histoire ?

Ce roman est un très bon premier tome pour cette future série. Éric Fouassier en tant que professeur d’université autour du droit pharmaceutique s’est toujours beaucoup intéressé à l’histoire de la médecine et on le retrouve à travers son héros, lui-même jeune médecin à une époque très ancienne. Arsenius n’est d’ailleurs pas sans rappeler Guillaume de Baskerville dans Le Nom de la Rose, d’U.Eco. On appréciera son érudition simple, reflet de celle de l’auteur, qui nous en apprend beaucoup sur ce début de Moyen âge sans jamais être pesant. C’est d’ailleurs une des vraies forces de ce récit. On connait très peu cette période des Royaumes Francs apparus à la fin de l’Empire romain d’Occident et ils sont rarement utilisés comme décor pour des romans, encore moins policiers. Or Éric Fouassier la rend vivante avec brio : on comprend les lois de l’époque ; on voit aussi le « cosmopolitisme » de ces royaumes puisque les Francs, à l’exemple de Clovis, ont intégré dans leurs administrations les notables Gallo-romains de l’Empire déchu ; on voit que les Francs perpétuent l’héritage romain comme par exemple à travers l’Eglise qui commence à s’installer durablement comme institution mais on croise aussi d’autres Germains encore constitués en tribus traditionnelles.

Attention toutefois l’histoire n’en est pas moins présente, ce n’est pas une leçon sur la dynastie mérovingienne mais bien une enquête. Et l’auteur la rend haletante et très crédible. En effet point de police scientifique chez les Francs, Arsenius doit surtout chercher des indices dans les témoignages des uns et des autres permettant à l’auteur de nous proposer une belle galerie de personnages très différents. C’est avant tout l’expression logique de l’enquêteur qui prime et ça fonctionne très bien !

 Une série à suivre assurément !

 

hamish macbeth 1 qui prend la moucheVoici un petit moment de lecture bien rafraîchissant : au cœur des Highlands, découvrez une intrigue policière en huis clos qui se déroule durant une semaine de stage de pêche à la mouche.

 Dans cette nouvelle série qui s'égrène au rythme d'une journée par chapitre, vous ferez petit à petit connaissance avec le policier Hamish Macbeth, un grand échalas flegmatique mais à l'instinct redoutable.

Drôle et servi au creux de lochs superbement décrits, ce court polar aux personnages haut en couleurs sera ravir les amateurs d'Agatha Raisin ou convaincra celles et ceux qui, comme moi peut-être, n'avaient pas accroché à cette littérature.

Bref une série tout-à-fait agréable où les pages s'enchaînent avec appétit.

Hâte de lire la suite des enquêtes de Hamish Macbeth !

 

bucher de mooreaVoici une belle découverte ! Un polar « noir azur », c’est-à-dire un polar noir dans les îles du Pacifique. Il s’agit en effet d’un représentant d’une mouvance d’auteurs originaires des archipels du Pacifique. Et le terme est plutôt représentatif. En effet on est dans du polar noir, c’est dur, parfois même franchement violent (scènes de torture) mais c’est aussi tellement lumineux et bleu grâce au décor que cela forme un détonnant cocktail !!

Situons le propos :

Lilith est photographe pour le principal journal de Tahiti lorsqu’elle est appelée avec sa collègue et amie pour couvrir la découverte d’un horrible bûcher. Quatre touristes indonésiens ont été sauvage démembrés avant d’être brulés selon un procédé qui n’est pas sans rappeler les anciennes pratiques autochtones. Qui a bien pu conduire un tel rituel et dans quel but ? Les deux journalistes vont se faire embarquées dans le tourbillon d’horreur de l’enquête lorsqu’un individu lié au passé de Lilith fait son apparition pour ne rien arranger.

Ce polar est une franche réussite, le décor et ce qui semble être la philosophie de vie des Iliens sont omniprésents et participent d’une certaine ambiance très plaisante. L’enquête et ses retournements sont efficaces même s’ils se font à la manière tahitienne qui présente quelques différences (ne serait-ce qu’en termes d’effectifs) avec celle du continent. Et on peut compter sur l’auteur pour être au plus près de la vérité puisqu’il vit sur l’île depuis ses 14 ans. Les personnages sont vraiment attachants en particulier l’Oncle Raymond, qui ne manque pas d’apporter beaucoup d’éclairage  sur la pensée tahitienne. Malgré la dureté du récit, c’est une vraie lecture de l’été, dépaysement   garanti ! Une suite est déjà annoncée pour 2020, pour ne rien gâcher de notre plaisir !