bucher de mooreaVoici une belle découverte ! Un polar « noir azur », c’est-à-dire un polar noir dans les îles du Pacifique. Il s’agit en effet d’un représentant d’une mouvance d’auteurs originaires des archipels du Pacifique. Et le terme est plutôt représentatif. En effet on est dans du polar noir, c’est dur, parfois même franchement violent (scènes de torture) mais c’est aussi tellement lumineux et bleu grâce au décor que cela forme un détonnant cocktail !!

Situons le propos :

Lilith est photographe pour le principal journal de Tahiti lorsqu’elle est appelée avec sa collègue et amie pour couvrir la découverte d’un horrible bûcher. Quatre touristes indonésiens ont été sauvage démembrés avant d’être brulés selon un procédé qui n’est pas sans rappeler les anciennes pratiques autochtones. Qui a bien pu conduire un tel rituel et dans quel but ? Les deux journalistes vont se faire embarquées dans le tourbillon d’horreur de l’enquête lorsqu’un individu lié au passé de Lilith fait son apparition pour ne rien arranger.

Ce polar est une franche réussite, le décor et ce qui semble être la philosophie de vie des Iliens sont omniprésents et participent d’une certaine ambiance très plaisante. L’enquête et ses retournements sont efficaces même s’ils se font à la manière tahitienne qui présente quelques différences (ne serait-ce qu’en termes d’effectifs) avec celle du continent. Et on peut compter sur l’auteur pour être au plus près de la vérité puisqu’il vit sur l’île depuis ses 14 ans. Les personnages sont vraiment attachants en particulier l’Oncle Raymond, qui ne manque pas d’apporter beaucoup d’éclairage  sur la pensée tahitienne. Malgré la dureté du récit, c’est une vraie lecture de l’été, dépaysement   garanti ! Une suite est déjà annoncée pour 2020, pour ne rien gâcher de notre plaisir !