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Romans

 

civilizationsLaurent Binet, connu pour son HHhH, a fait ses preuves dans le genre du roman historique. Le voici de retour avec cette fois-ci une uchronie réalisée avec maestria ! Plutôt que d’écrire l’histoire, il s’essaye cette fois à la réécrire. Il satisfait à l’éternelle question que tout un chacun se pose devant un manuel d’histoire : « Et si ? ». Alors habituellement on voit beaucoup de réécritures uchroniques sur « Et si Hitler avait gagné ? » comme dans Le Maitre du Haut Château de Ph. K. Dick. Là, Binet propose une uchronie plus ancienne : « Et si les Incas avaient gagné contre les Conquistadors ? ». Une part beaucoup plus importante de l’histoire change alors puisqu’il s’agit de remettre en cause l’ensemble de la découverte des Amériques par les Européens et même plus.

Comment réussir ce tour de force ? Et bien avec un roman fait de quatre parties. La première est une saga viking qui parle d’une troupe ayant accosté sur les côtes est de l’Amérique du Sud. Cette rencontre apporte un avantage aux Indiens qu’ils n’avaient pas dans notre réalité historique. Ensuite on plonge dans le journal de bord de Christophe Colomb. Sauf que celui-ci ne quittera jamais Cuba, laissant un autre avantage aux Indiens. La troisième partie livre sous la forme d’une épopée nationale, comme on en fit beaucoup au XVIème siècle, l’arrivée d’une troupe d’Incas en Espagne et comment ils se sont imposés comme une force qui compte. Et surtout comment ils ont changé le cours de l’Histoire ! La dernière partie imite un roman picaresque à la sauce Don Quichotte, montrant les (més)aventures d’un jeune homme dans ce nouveau monde dominé par l’Inca.

Cela peut paraitre inutilement compliqué mais c’est tellement bien fait ! Il faut avoir une très bonne connaissance du sujet pour pouvoir le modifier en profondeur comme le fait l’auteur et il n’y a pas de meilleur moyen de s’interroger sur notre histoire que d’imaginer ce qu’elle aurait pu être. Une lecture que nous recommandons aux amateurs de romans historiques mais aussi aux curieux !

 

extase du selfieA découvrir samedi prochain lors du DLV spécial rentrée littéraire :

Habile photographe littéraire, Philippe Delerm explore dans son nouveau recueil des gestes réalisés au quotidien, ou juste le temps d’un bref moment. Tantôt drôle, sensible ou encore nostalgique, la poésie de M.Delerm est résolument ancrée dans notre modernité.

Que l’on se retrouve à Venise, au supermarché ou dans une chambre à coucher, ces instantanés explorent notre psyché en s’appuyant sur nos manières, notre incarnation. Comme souvent, P.Delerm réalise l’art de mettre des mots sur une pensée ressentie mais que l’on n’ose pas nécessairement exprimer.

Parmi ces nombreuses pépites, un petit cœur pour «Le coup de hanche et la mémoire », qui se termine ainsi :

« Bien sûr, c’est là que commençait l’oubli. D’abord ne plus ouvrir mécaniquement les volets, mais se regarder faire, sentir l’envie de se déhancher ; du coup, la réprimer. Le geste est presque là, le cultiver serait obscène. Et cette idée qui vient, cruelle : tout cela ne se commande pas. J’ai effacé le chat à la seconde où j’ai pensé m’en souvenir toujours. »


 

hommesRoman remarquable de cette rentrée littéraire, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon est sans doute l’histoire la plus intime écrite par Jean-Paul Dubois.

Déployée autour de la vie du personnage Paul Hansen, cette intrigue alterne le récit de sa détention avec son histoire familiale, profondément marquée par la figure paternel. Le père du narrateur, pasteur d’origine danoise, est  d’ailleurs remarquable tant pas son rapport à la foi que par sa façon d’être au monde. Mais quel acte a-pu commettre son fils Paul Hansen pour se retrouver derrière les barreaux ? Durant l’expérience de la prison, nous découvrons cet homme habité tant par sa famille que par les lieux traversés. L’auteur exprime avec une grande sensibilité un personnage particulièrement attachant, qui tient humblement tête à cette vie qui ne l’épargne pas. Et puis il y a Patrick Horton, son co-détendu, biker amoureux des Harley. Un homme respecté dans cette prison mais qui a aussi ses faiblesses.

L’humour de Jean-Paul Dubois, si elle se fait plus discrète dans ce roman, est toujours distillé à point nommé. Dans cette fiction qui interroge les notions de justice, de liberté, JP Dubois nous embarque avec douceur auprès de ses personnages profondément humains.

Un de ces livres qui demeure en nous, malgré le temps qui passe et beaucoup d’amour et d’espoir, malgré les évènements qui nous entaillent. Merci Monsieur Dubois !

 

a crier dans les ruinesPremier roman de cette autrice française, il s’agit d’une des plus belle découverte de cette rentrée littéraire, à découvrir dès samedi 5 octobre, durant notre rendez-vous DLV.

Cette histoire qui s’étire sur une vingtaine d’année se place quelque temps avant le jour de la catastrophe de Tchernobyl. Nous sommes à Pripiat, ville moderne de l’Est, nichée dans un écrin  de verdure. Léna est une jeune fille brillante d’une dizaine d’année, fille de deux ingénieurs travaillant à la Centrale et Ivan, son camarade, est le fils d’un agriculteur très attaché à ses terres. Alors qu’une amitié hors du commun lie ces deux êtres, l’accident nucléaire vient tout bouleverser. Les parents de Léna quitteront précipitamment le pays pour rejoindre de la famille installée en France tandis que les proches d’Ivan ne pourront se résoudre  à partir. Vingt ans plus tard, quelle sera la vie de ces deux personnages ? Parviendront-ils à se retrouver ou Tchernobyl les aura-t-elle définitivement séparés ?

Au-delà d’une poignante histoire d’amitié, d’amour entre deux êtres, c’est avant tout une mémoire plus collective qu’Alexandra Koszelyk parvient à nous dépeindre. Le style est simple mais élégant à travers un langage parfois épistolaire posé avec beaucoup de pudeur. Les différents protagonistes nous feront revivre les espérances et les effrois de l’Est, l’atmosphère de la Guerre Froide et la chute du Mur.

Il existe aujourd’hui de nombreuses images sensationnelles liées à cette triste période historique. Mais peut-être, peu sont-elles aussi juste que les mots A crier dans les ruines.

 

parkinsonQue l’on soit ou non concerné par cette maladie, Sur la route de Parkinson est avant tout un “périple de petite fille, conte de femme, odyssée de mère : c’est à un voyage extraordinaire vers la lumière que nous invite Claire !”

Atteinte de Parkinson quelques années avant sa retraite, alors qu’elle est à l’apogée de sa carrière, Claire Garnier refuse de se glisser dans un costume de victime et choisit de devenir actrice de sa propre guérison. Délivrant avec justesse et pudeur le récit de son enfance douloureuse, cette femme va petit à petit revenir sur l’origine de sa “mal a dit” et comprendre comment son histoire personnelle va être à la source de ses symptômes.

Si Claire Garnier s’est essayée à de nombreuses thérapies, elle a tout de même conservé un accompagnement médical traditionnel. C’est la conjugaison de ces différentes médecines, axée principalement sur le décodage biologique et génétique de sa maladie, qui va permettre à Claire de s’épanouir jusqu’à faire régresser considérablement Parkinson.

Ainsi, des blessures de vie peuvent être un levier pour mieux se connaître et s’épanouir.