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Cinéma

Les InvisiblesLouis-Julien Petit est un réalisateur qui s’intéresse à la place de l’individu dans la société et aux personnes oubliées. Après Discount et Carole Matthieu, il a souhaité mettre en lumière les femmes en posant sa caméra dans un centre d’accueil de femmes sdf dans son nouveau film.

Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky et Déborah Lukumuena, toutes parfaites, jouent les travailleuses sociales de la structure qui vont tout faire pour réinsérer les sans-abris dont elles s’occupent. Et elles n’ont que trois mois avant la fermeture du centre décidée par un arrêt municipal.

Les Invisibles est une comédie magnifique... En dehors des quatre citées, les actrices sont toutes non professionnelles et issues de la rue, ce qui apporte un effet de véracité encore plus fort ! Le pari était risqué car le film aurait pu facilement verser dans le misérabilisme, le voyeurisme, la moquerie ou même encore le moralisme. Mais il n’en n’est rien : ce sont de superbes portraits à la fois drôle et touchants qui constituent ce feel good movie ! Les répliques font mouche (les improvisations ont été privilégiées sur le tournage) et on passe du rire aux larmes en quelques fractions de secondes. Le personnage d’Adolpha qui se confond avec son interprète, tant rien n’a été changé pour le scénario, est assez révélateur de l’âme du long métrage. Cette femme au destin tragique et à la gouaille irrésistible traverse Les Invisibles avec charme et humour.

N'hésitez pas à partager pendant une 1h40 le quotidien de ces personnages aussi ordinaires qu'exceptionnels : vous ne le regretterez pas !

 

upgradeL’intrigue prend racine en Australie dans un futur proche où les voitures sont conduites vocalement. Grey et Asha perdent le contrôle de leur véhicule au cours d’une soirée : ils vont alors être victimes d’une violente agression où Asha perdra la vie. Après une longue perte de connaissance, Grey découvre la paralysie totale de son corps. Désespéré par la perte de son indépendance et des enquêteurs incapables de retrouver les assassins de son épouse, il accepte alors une sorte de pacte faustien futuriste avec un riche chercheur qui lui propose l’implantation d’une puce qui lui rendra sa motricité. Très rapidement, Grey est dépassé par ses nouvelles capacités et ce corps étranger qui lui procure une force surhumaine, le transformant ainsi en prototype mi-homme, mi-machine…

Leigh Whannell signe ici son deuxième film, après avoir réalisé le troisième volet d’Insidious. Upgrade rend hommage, avec justesse et bon goût, aux films d’actions des années 80. Avec très peu de budget, l’équipe du film a réussi à créer une atmosphère atypique par le biais d’une esthétique léchée et qui n’a rien à envier aux blockbusters. Le spectateur est très vite transporté dans une ambiance généreuse et sans second degré : les scènes d’action ainsi que le scénario sont d’une grande efficacité. En plus d’être divertissant, Upgrade est d’une grande pertinence en soulevant des problématiques d’un futur plus ou moins éloigné, avec la question du transhumanisme notamment.

Spider Man New GenerationMiles Morales est un adolescent vivant à Brooklyn qui tente de s’intégrer dans son nouveau collège. Alors qu’un jour, il se fait piquer par une araignée radioactive et développe des pouvoirs hors du commun, Le Caïd, un criminel influent de la ville, met au point un accélérateur de particules qui ouvre des portails sur d’autres dimensions. De l’une d’elles débarque un dénommé Peter Parker alias Spiderman…

Alors que de nouvelles adaptations du super-héros ne cessent d’arriver sur les écrans, ce dessin animé se démarque nettement par son graphisme et sa liberté de ton. Les couleurs explosent à l’écran tandis que l’animation endiablée et la mise en scène virevoltante subliment le film. Spiderman : New generation se rapproche alors au plus près d’un comic book live avec ses codes graphiques et ses cadrages tout en rendant hommage, au détour de quelques scènes, à d’autres univers visuels (l’animation japonaise et celui des vieux cartoons de la Warner Bros).

L’humour et l’émotion ne sont pas en reste pour autant. La galerie de personnages est haute en couleur et notamment un Spider-Cochon impayable et hilarant (Spider-Ham en langue originale, un véritable personnage qui a eu le droit à sa propre BD !).

Et comme dans tout bon film de super-héros, les personnages gagnent en profondeur au fur et à mesure des épreuves à passer, la perte d’un être cher faisant partie intégrante de la mythologie de l’homme-araignée.

Bref, ce dessin animé rejoint le haut du panier des adaptations de Spiderman sur grand écran à côté de la trilogie de Sam Rami ! A découvrir !

lamuleCe magnifique film signé Clint Eastwood retrace une période difficile de la vie d’Earl Stone, superbement interprété par le réalisateur lui-même, qui à 80 ans se trouve en grande difficulté financière et est contraint d’abandonner son entreprise. On lui propose alors un travail qui changera le cours de sa vie : embauché en tant que chauffeur par un cartel mexicain, Earl devient une « mule ».

Clint Eastwood confirme à nouveau son immense talent avec ce film très réussi et d’une incroyable justesse. La Mule rappelle sur de nombreux points le très personnel Gran Torino, qui racontait l’histoire d’un vieux loup solitaire et attachant, confronté malgré lui à la violence des gangsters voisins. Ici, Earl est confronté à des soucis d’ordre financier, mais aussi émotionnel ; arrivé au crépuscule de sa vie, il souhaite remédier aux relations conflictuelles avec son entourage. Aussi porté par d’excellents acteurs, notamment Bradley Cooper en agent de la DEA, ce film tient le spectateur en haleine du début à la fin, tout en étant à la fois contemplatif, drôle, mélancolique et émouvant.

La Mule est à voir sans hésitation et fera à coup sûr partie du panthéon des classiques !

Woman at WarHalla mène un combat contre l’implantation industrielle dans son pays, l’Islande, en sabotant les lignes à haute tension. Sa vie est chamboulée et son activité remise en question lorsqu’elle apprend que son rêve d’adoption va pouvoir se réaliser. 

Magnifique fable écologique, Woman at war est un film atypique qui dresse le portrait complexe d’une femme forte. 

Le long métrage alterne les scènes de pur thriller lorsque Halla est traquée de toutes parts par les autorités qui veulent débusquer le mystérieux saboteur et des moments plus dramatiques et drôles.

Une réelle poésie se dégage des images lorsque la bande originale est jouée en live dans le film. Un groupe de musiciens, tel un chœur antique commentant l’histoire, apparait lors des scènes cruciales semblant ainsi autant s’adresser à l’héroïne qu’au public. Cette idée merveilleuse et originale de mise en scène alliée aux magnifiques paysages de l’ile confère au long métrage un lyrisme insoupçonné.

Les choix vont devenir de plus en plus cornéliens pour Halla et Woman at War se pare alors d’accents plus tragiques et profonds. Benedikt Erlingsson a réalisé un film indépendant et puissant qui a frappé fort au point qu’un remake par Jodie Foster est actuellement en préparation.

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