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Sleepy Hollow, La Légende du cavalier sans tête / Tim Burton

sleepySleepy Hollow, sorti en 1999, est peut-être l’un des derniers grands films de Tim Burton. S’inscrivant dans un regain d’intérêt d’Hollywood pour les grands mythes gothiques (Dracula de Francis Ford Coppola, Frankenstein de de Kenneth Branagh, Mary Reilly de Stephen Frears) dans les années 90, ce long métrage adapte la nouvelle de Washington Irving publiée en 1820. L’histoire suit l’enquête d’Ichabod Crane, un inspecteur de police new-yorkais qui se rend dans le petit village de Sleepy Hollow pour élucider une mystérieuse série de meurtres.

En s’attelant à ce projet, le réalisateur, bercé par les séries B depuis son enfance,  rend un magnifique hommage à tout un pan du cinéma horrifique, celui des studios de la Hammer et d’Universal. La forêt sombre et brumeuse où il ne fait pas bon s’aventurer rappelle la lande du Chien de Baskerville, la photographie proche du noir et blanc sublimée par de rapides éclats de rouge sang vif fait écho aux meilleurs films de Terence Fisher tandis que le moulin enflammé du Frankenstein de James Whale apparait en clin d’œil au détour d’une scène  etc…

Les comédiens sont également au diapason. Johnny Depp excelle en jeune enquêteur froussard aussi tiraillé entre la science et le surnaturel qu’hypersensible (il s’évanouit une bonne dizaine de fois !).Des acteurs mythiques, issus à nouveau des studios de la Hammer (Christopher Lee, Michael Gough) l’accompagnent dans cette aventure. Mais se sont bien les femmes qui sont au cœur du film. Sublimées par la caméra, elles sont toutes sorcières, ambiguës ou revanchardes. Christina Ricci, révélée par La Famille Addams, semblait être née pour jouer dans un film de Tim Burton tandis que Lisa Marie, sa muse de l’époque apparait dans des séquences furtives mais totalement marquantes et féériques.

Les quelques enfants qui apparaissent dans Sleepy Hollow ne sont pas en reste et, chose rare dans le cinéma hollywoodien, ne sont pas épargnés par la violence du film. Leurs visages angéliques créent un fort contraste avec la noirceur du ton ambiant et nous renvoient directement aux contes de fées les plus sombres des frères Grimm.

Compositeur attitré du metteur en scène américain, Danny Elfman délivre ici l’une de ses meilleures partitions. Un orchestre à cordes funèbre et romantique joue des thèmes inoubliables avant de laisser la place à des chœurs enfantins fantomatiques.

Ainsi, Tim Burton avec cette Légende du cavalier sans tête nous offre son ultime chef d’œuvre, un conte fantastique qui demeure le point d’orgue d’une suite de films tous parfaits (Batman Le défi, Edward aux mains d’argents, Ed Wood). Il est alors à regretter que l’artiste, par la suite, n’ait qu’à de très rares moments retrouvé cet état de grâce.